Gilles Hertzog. Voir Venise et mourir

Le Vénitien goûte un libertinage où est pris celui qui croyait prendre, la vendetta(même contre sa propre famille), et le rire, « cette politesse du désespoir ». À force d’affresquer « l’âme vénitienne »sur les murs des palais italiens, le peintre Giovanni Domenico Tiepolo (1727-1804), fils méconnu du célèbre artiste Giovanni Battista Tiepolo (1696-1770), en est devenu le dépositaire. Ainsi, lorsqu’on retrouve dans les malles d’un antiquaires ses derniers écrits, sa voix se mêle à celle de la Venise du 18ème, alors haut-lieu des arts et de la culture : « Ceci est mon vrai testament et celui de Venise à la fois. Nous mourrons, elle et moi, d’une même fin, de la même maladie d’âme, d’une même déréliction. ».Le tragique, dans ce beau roman nostalgique, est parfaitement maîtrisé : sous la plume animée de Gilles Hertzog, la Sérénissime acquiert la dimension d’un personnage de chair et d’os, juste avant que de mourir.

Le dernier Vénitien,de Gilles Hertzog, Grasset, 360 p., 20,90€.