Péter Nádas. Almanach

Ce n’est pas tellement sur le ton de la confidence que Péter Nádas nous livre ici ce que l’on pourrait qualifier de pendant domestique du Livre des Mémoires – le chef d’œuvre qui lui a permis d’accéder à une très grande reconnaissance littéraire.

Certes, le récit des anciens émois esthétiques illuminant la quiétude de l’ermitage de l’écrivain dans le petit village de Gombosszeg (Hongrie), loin du succès que Le Livre des Mémoiresétait sur le point de connaître, relève de quelque chose d’étonnamment personnel pour un écrivain peu porté sur les épanchements.

Mais pourtant, dans ce livre intime où l’écrivain hongrois déploie comme en son fort-intérieur les possibilités littéraires et philosophiques qu’engendrent la solitude et l’ennui, la compagnie d’un lecteur à venir ne semble pas être envisagée. Non, c’est avec lui-même que Peter Nádas semble converser ici. Pour lui-même qu’il se livre à l’art de la scolastique socratique, jubile de faire danser les arguments et les exemples, de métamorphoser par la grâce d’une écriture colorée et souvent lyrique l’exercice scolaire de la dissertation en méditation poétique. Quitte, parfois, à cultiver un hermétisme qui n’a plus rien de philosophique. 

Almanach(Évkönyv) de Péter Nádas, traduit du hongrois par Marc Martin, Phébus, 416 pages, 24€.