Illìas Papamòskos. La mort grecque

L’on ne saurait dire si Papamòskos fait ici œuvre de prose ou de poésie. Dans ces courtes nouvelles autobiographiques – ou faut-il dire poèmes ? – qu’il rassemble sous l’énigmatique titre Le renard dans l’escalier, l’auteur choisit l’indécidable. A l’image de son thème de prédilection, la mort. A venir ou avérée, elle n’est jamais définitive. Le mort peut toujours mourir à nouveau, une fois, deux fois, trois fois, comme le renard éponyme qui fût d’abord chassé, puis mangé aux mites – et sera jeté à la benne.De sa vie de joyeux goupil par contre, l’on ne sait ni ne saura rien, elle n’intéresse pas l’écrivain qui préfère interroger avec grâce et douceur – mais non pas sans force – la beauté troublante des derniers instants, et l’attente inquiète de ceux qui suivront. La mort, nous en convainc ce bel ouvrage, est le plus vivant des spectacles.

Le renard dans l’escalier20(I alepou tis skàlas) de Illìas Papamòskos, traduit du grec par Myrto Gondicas et Michel Volkovitch, Le miel des anges, 68 p., 10 €.