Leanne Betasamosake Simpson. Île au trésor

Parler de décolonisation est un piège particulièrement retors. Un traquenard linguistique qui donne l’impression que le processus décolonial est bel et bien achevé, oblitère le fait que subsiste pour beaucoup les stigmates de ces violences impérialistes, et fait taire les voix des opprimés qui s’élèvent encore.

Vénus Khoury-Ghata. Amies de plume

Le monde gelé, comme un champ de pommes de terre. C’est l’image – la dernière – que la poétesse russe Marina Tsvétaïéva (1892-1941) emporte avec elle. Tout l’univers réduit au simple cadre d’une lucarne un peu sale à Elabouga, où, juchée sur une chaise, elle est sur le point de se pendre. Mais celle qui… Read more »

Mayra Santos Febres. L’empreinte d’un baiser

Sur sa peau, l’empreinte d’un homme depuis longtemps parti demeure, rétive et indomptable. Au moment de mourir, Micaela Thorné se souvient pour oublier de cet été de chaleur écrasante et de transe hallucinée sur les routes sinueuses de Porto Rico, en compagnie du célèbre chanteur de tango Carlos Gardel (1890-1935).

Illìas Papamòskos. La mort grecque

L’on ne saurait dire si Papamòskos fait ici œuvre de prose ou de poésie. Dans ces courtes nouvelles autobiographiques – ou faut-il dire poèmes ? – qu’il rassemble sous l’énigmatique titre Le renard dans l’escalier, l’auteur choisit l’indécidable. A l’image de son thème de prédilection, la mort. A venir ou avérée, elle n’est jamais définitive. Le… Read more »

Emmanuelle Bayamack-Tam. Ici-bas le paradis

Bien des cuisses fermes et nues de pensionnaires ont glissé sur les rampes de ses escaliers, au milieu des ris et des quolibets. Dans les tréfonds de la vallée des merveilles, quelque part sur la frontière transalpine, s’allonge dans une nature luxuriante une immense bâtisse : un internat pour jeunes filles reconverti en « maison du jouir », du… Read more »

Samuel Benchetrit. La joie revenue

Seul dans son trois-pièces, un écrivain couche sur le papier de vaines bonnes résolutions pour soigner ses bleus à l’âme. C’est qu’il peine à s’intéresser au sujet de son prochain roman dont Pline l’Ancien est le héros

Thierry Chebrek-Rosenfeld. La somme de leurs vies

  « Harsin. Harshi. Karsan. Karson. ». Peut-être même « Kherson », « parce que les noms pouvaient être confondus, et qu’en l’absence de certitude, j’étais dans l’obligation d’examiner cette probabilité. ». Comment retrouver ce village de Crimée sans en connaître ne serait-ce que l’orthographe ?

Sarah Gysler. « Petite » de par le vaste monde

Elle était triste, Sarah, d’une tristesse violente et trop immense pour être contenue dans les vallées vaudoises. Alors elle a fait tourner la mappemonde. A l’aveuglette, elle y a posé l’index : ce fut la Laponie.

Carl de Souza. L’odeur de la poudre et du curry vert

    « Lundi, brèdes malabars (de la cour) à l’étouffée et rougeaille de poisson salé. Mardi, curry de bringelles et chevrettes sèches… ». Le menu de la cantine pour les ouvriers imaginé par Cécile Rozell, l’épouse du directeur de la sucrière au Piton à Maurice, est tout de même alléchant.

Naguib Mahfouz. Adieux aux vestiges d’un songe 

Premier prix Nobel de Littérature arabophone, l’égyptien Naguib Mahfouz est mort en 2006. Il laisse une œuvre romanesque colossale, et de nombreuses nouvelles, dont seize sont rassemblées dans l’anthologie L’Organisation secrète et autres nouvelles.