Péter Nádas. Almanach

Ce n’est pas tellement sur le ton de la confidence que Péter Nádas nous livre ici ce que l’on pourrait qualifier de pendant domestique du Livre des Mémoires – le chef d’œuvre qui lui a permis d’accéder à une très grande reconnaissance littéraire. Certes, le récit des anciens émois esthétiques illuminant la quiétude de l’ermitage… Read more »

Ron Querry. Des mocassins brodés de perles bleues

Une soirée, comme une autre, avec un animateur aux « blagues vraiment ringardes », comme il y en a beaucoup. Une blague comme celle-ci :« Comment les Navajos vous disent qu’il est l’heure d’aller au lit ? (…) Hit the hay. (Va te coucher) ». Vous n’avez pas compris ? Moi non plus. Pourtant, « ça a fait beaucoup rire,assure Gracie, la narratrice de ce roman. Sauf… Read more »

Leanne Betasamosake Simpson. Île au trésor

Parler de décolonisation est un piège particulièrement retors. Un traquenard linguistique qui donne l’impression que le processus décolonial est bel et bien achevé, oblitère le fait que subsiste pour beaucoup les stigmates de ces violences impérialistes, et fait taire les voix des opprimés qui s’élèvent encore.

Vénus Khoury-Ghata. Amies de plume

Le monde gelé, comme un champ de pommes de terre. C’est l’image – la dernière – que la poétesse russe Marina Tsvétaïéva (1892-1941) emporte avec elle. Tout l’univers réduit au simple cadre d’une lucarne un peu sale à Elabouga, où, juchée sur une chaise, elle est sur le point de se pendre. Mais celle qui… Read more »

Mayra Santos Febres. L’empreinte d’un baiser

Sur sa peau, l’empreinte d’un homme depuis longtemps parti demeure, rétive et indomptable. Au moment de mourir, Micaela Thorné se souvient pour oublier de cet été de chaleur écrasante et de transe hallucinée sur les routes sinueuses de Porto Rico, en compagnie du célèbre chanteur de tango Carlos Gardel (1890-1935).

Gilles Hertzog. Voir Venise et mourir

Le Vénitien goûte un libertinage où est pris celui qui croyait prendre, la vendetta(même contre sa propre famille), et le rire, « cette politesse du désespoir ». À force d’affresquer « l’âme vénitienne »sur les murs des palais italiens, le peintre Giovanni Domenico Tiepolo (1727-1804), fils méconnu du célèbre artiste Giovanni Battista Tiepolo (1696-1770), en est devenu le dépositaire…. Read more »

Illìas Papamòskos. La mort grecque

L’on ne saurait dire si Papamòskos fait ici œuvre de prose ou de poésie. Dans ces courtes nouvelles autobiographiques – ou faut-il dire poèmes ? – qu’il rassemble sous l’énigmatique titre Le renard dans l’escalier, l’auteur choisit l’indécidable. A l’image de son thème de prédilection, la mort. A venir ou avérée, elle n’est jamais définitive. Le… Read more »

Julia Kerninon. L’amer amour de l’art

  Nous aurions pu nous en tenir à habiter le rez-de-chaussée. Mais pour conquérir le ciel de nos villes, l’homme a inventé et perfectionné les ascenseurs. Selon le mari qu’Helen vient de quitter (un architecte), il en va de même dans les rapports humains : Franck Appledoore, l’ami d’enfance et amant intermittent d’Helen, n’a cessé… Read more »

Emmanuelle Bayamack-Tam. Ici-bas le paradis

Bien des cuisses fermes et nues de pensionnaires ont glissé sur les rampes de ses escaliers, au milieu des ris et des quolibets. Dans les tréfonds de la vallée des merveilles, quelque part sur la frontière transalpine, s’allonge dans une nature luxuriante une immense bâtisse : un internat pour jeunes filles reconverti en « maison du jouir », du… Read more »

Shih-Li Kow. Mousson, fantômes et politicards

Quand l’excentrique Mami Beevi la raconte, cette histoire, comme toutes ses histoires, commence toujours ainsi : « C’était une mousson inconcevable. ». Tout débute, effectivement, par une mousson qui fait déborder le lac de la Quatrième épouse et menace d’engloutir le village malais de Lubok Sayong, au fond de la vallée, à quelques heures de voiture de Kuala Lumpour.